La Suisse, l’autre pays du hip-hop underground ?
On trouve de tout sur jamendo, même du rap underground anarchiste suisse. Et de qualité, en plus…

Mephisto, Oli Second et DJ Django viennent de différentes villes de Suisse alémanique. En 2005, ils se sont regroupés pour former Direct Raption, “le premier projet rap en Suisse porteur d’un message ouvertement anarchiste, explique Mephisto. Pour moi, c’était vraiment intéressant de faire des chansons où le message est l’élément principal, pas la musique, et certainement pas l’attitude.”
Issus de la scène punk/hardcore (vous trouverez l’un des autres groupes de Mephisto, Zerfall, également sur jamendo) et du mouvement alternatif et squatter très important en Suisse, ils puisent leurs influences dans des sources aussi diverses que le mouvement zapatiste au Mexique, la musique de Public Enemy, Rage Against The Machine ou Manu Chao et les livres de Hermann Hesse.
Comme vous l’ignorez peut-être, la scène hip-hop suisse est assez importante. Les rappeurs choisissent de s’exprimer dans leur langue locale, que ce soit le français, l’italien ou, comme Direct Raption, le suisse allemand. En outre, comme l’explique Oli, ils ont tendance à ne pas se focaliser sur les voitures, les filles et le mode de vie gangsta comme beaucoup de rappeurs à succès en France ou en Allemagne.
Anti-commercial dans les actes comme dans les mots, Direct Raption n’a pas hésité quand il s’est agi de distribuer son album gratuitement. “Nous ne voulons pas vendre notre musique, nous voulons que tout le monde puisse nous entendre. Et de toute façon, la musique est toujours faite d’idées influencées par le travail d’autres artistes, on ne peut même pas vraiment les considérer siennes.”
Depuis la sortie de leur album, les Direct Raption ont donné plus de 50 concerts en Suisse, France, Autriche et Allemagne et ont tout de même vendu en quelques mois les 500 CD qu’ils avaient pressés. Oli Second termine actuellement un album solo qui sera sur jamendo prochainement, et le groupe anime Conchez Connection, un projet qui “soutient le rap conscient underground” en organisant des concerts, en distribuant des disques et en animant leur propre émission sur une radio locale. En 2009, ils prévoient même d’en faire un label. Tout ça uniquement pour faire avancer la cause, bien sûr. “Le marché pour le rap radical est minuscule, il n’y a donc pas de forces commerciales maléfiques pour nous attirer.”
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